Émeutes : limogeage du ministre de l’Intérieur, annonce de la libération des manifestants arrêtés

Le gouvernement tunisien a pris les premières mesures pour mettre fin aux émeutes dans le pays. Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a ainsi annoncé l’éviction du ministre de l’Intérieur et la libération des manifestants détenus.

Le ministre tunisien de l'Intérieur limogé, Rafik Belhaj Kacem.

Tunis tente de faire tomber la pression. Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi a annoncé la libération de toutes les personnes arrêtées pendant les émeutes au cours d’une conférence de presse.

Le chef du gouvernement a simultanément révélé le limogeage du ministre de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem. Un « comité d’investigation sur la question de la corruption », dénoncée par l’opposition et des ONG, va également être créé, a annoncé Ghannouchi.

Armée mobilisée

Ces annonces interviennent alors que les violences meurtrières se poursuivent et semblent se répandre dans toute la Tunisie. D’après le gouvernement, selon un bilan établi mardi soir, celles-ci auraient fait 21 morts (en hausse de deux tués depuis le dernier bilan). Certains syndicats et l’opposition parlent de 50 victimes, rien qu’à Kasserine.

La porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a condamné mercredi l’usage « disproportionné » de la force par la police en Tunisie. « Cette violence est inacceptable, les auteurs doivent être identifiés et traduits en justice », a déclaré Maja Kocijancik. « Nous sommes inquiets du recours à la force disproportionné de la police envers les manifestants pacifiques », a-t-elle ajouté, précisant que l’UE demandait une enquête à ce sujet.

Quant aux Etats-Unis, ils se sont dit hier « profondément préoccupés par les informations faisant état d’un usage excessif de la force de la part du gouvernement tunisien », selon les paroles de Mark Toner, un porte-parole du département d’Etat.

De fait, la situation ne s’améliore pas. Pour la première fois, mardi soir, les affrontements ont touché la banlieue de Tunis – notamment la cité Ettadhamen [solidarité, en arabe], située à 15 km du centre.

L’armée a en outre été déployée dans la capitale mercredi matin. Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition. Un blindé était également visible devant la cité Ettadhamen.

Un général limogé ?

Selon des sources de l’opposition, des dissensions auraient vu le jour au sein de l’armée tunisienne. D’après elles, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Rachid Ammar aurait été limogé pour avoir refusé de donner l’ordre aux soldats de réprimer les émeutes et exprimé des réserves sur un usage excessif de la force.

Il aurait été remplacé par le chef des renseignements militaires Ahmed Chbir. Ces informations n’ont pas été confirmées par Tunis. (avec AFP)

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