Tunisie : climat de terreur à Kasserine et Thala

Une escalade de la répression policière est en cours en Tunisie. Depuis samedi soir, les forces de l’ordre tirent sur les manifestants qui s’étaient rassemblés à Thala et Kasserine, villes voisines, dans le centre-ouest du pays, environ à 300 km de Tunis.

Chômage élevé, précarité, investissement de l’Etat réduit au strict minimum… le contexte de ces deux villes est très proche de celui de Sidi Bouzid, où est née la contestation qui secoue actuellement le pays.

Tout a débuté samedi soir à Thala, où un cortège de manifestants s’est formé spontanément samedi vers 20 heures. « Très rapidement la police a tiré par balle dans la foule », rapporte Sadock Mahmoudi, syndicaliste et enseignant dans le secondaire à Kasserine joint par téléphone.

Puis, dès dimanche matin, les forces de l’ordre tunisiennes ont ouvert le feu sur les manifestations qui se formaient à Kasserine : « Les hôpitaux sont remplis de blessés, on dénombre une trentaine de morts. Nombreux sont âgés entre 12 et 16 ans », regrette, très ému, Mahmoudi.

Une situation de chaos à Kasserine

La plupart des témoignages provenant de Kasserine évoquent une situation de chaos. La police serait allée jusqu’à tirer sur des personnes portant secours aux blessés ou dans le cortège de funérailles. La situation semble incontrôlable car les tensions s’accroissent à chaque nouvelle victime. (Voir la vidéo)

 

L’armée aurait pris position autour de plusieurs bâtiments administratifs pour les protéger d’éventuelles représailles des manifestants. Commentaire, au téléphone, de Raphy S., également enseignant et présent au cœur des événements à Kasserine :

« Le gouvernement démontre qu’il est incapable de mettre en place des solutions adéquates à la crise que traverse le pays. Il n’est pas prêt à faire marche arrière. Au contraire il y a une volonté de terroriser les Tunisiens. »

 

Si les informations sur la situation sont incomplètes, toute la Tunisie semble désormais au courant des affrontements de Kessarine et de Thala, en dépit du contrôle sur les médias. Figure du mouvement des avocats à Tunis, Me Aouini Naceur fait état d’au moins une vingtaine de morts dans les deux villes après que la police a, selon ses sources, tiré délibérément sur les manifestants.

Cinq morts selon le pouvoir, vingt selon d’autres sources

De son coté, en envoyant un communiqué à l’agence tunisienne TAP, le ministère de l’Intérieur tunisien s’est vu contraint de reconnaître pour la première fois que les manifestations se sont soldées par deux morts à Kessarine et à trois à Thala.

Le gouvernement considère que les forces de l’ordre ont fait usage de leurs armes, après sommation, dans un acte de « légitime défense ». Un point de vue que dénonce Raphy S, qui parle d’un « usage de la force prémédité », visant des manifestations pour la plupart pacifiques.

Actuellement en pleine réunion de crise, les enseignants appellent la communauté internationale à faire pression sur le gouvernement du président Zine El Abidine Ben Ali pour que cesse cette « répression sanglante ».

Kerouan, Thala, Menzel Bouzaïene, Sfax, Meknassy, Kasserine.. la liste des noms des villes touchées par la protestation sociale s’allonge. Sans que l’on sache trop encore où celle ci va conduire, comme le souligne Sadock Mahmoudi :

« Je ne sais pas où nous allons, nos revendications sont légit

 

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Une réflexion au sujet de « Tunisie : climat de terreur à Kasserine et Thala »

  1. ben ali doit etre juge pour ses crimes.la court penale internationale doit etre saisie immediatement

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