« Operation Tunisia » pour en finir avec Ben Ali

Verrouillés à l’intérieur d’un régime dictatorial et corrompu, des Tunisiens sont entrés en croisade pour leur liberté contre l’indéboulonnable président Ben Ali et sa clique.

60530525.jpgTout est parti du centre de la Tunisie, le 17 décembre dernier. SurDebatunisie, leblogueur et caricaturiste Zrappelle avec gravité l’effroyable étincelle qui a mis le feu aux poudres. « Cette fois mes amis, il n’y a plus place à l’humour ou à l’ironie, une barrière vient d’être franchie. Un jeune de Sidi Bouzid, Mohammed Bouaziz, s’est immolé hier par le feu devant le gouvernorat suite à la confiscation par les autorités de son étalage ambulant de fruits et légumes. Ce suicide en public devait être pour lui le seul moyen de se faire entendre par un régime autiste qui a perdu tout contact avec sa population. Le jeune en question est entre la vie et la mort. Des manifestants ont exprimé leur solidarité et leur colère devant ce même gouvernorat. »
Chose inouïe en Tunisie, la population proteste dans la rue. « Le régime terrorisé par la contagion a bouclé la zone et a carrément bloqué internet à Sidi Bouzid pour éviter la propagation de vidéos montrant des affrontements avec les forces de l’ordre… »

Mais le mal était fait. On dénombrera dans les jours suivant deux autres cas de suicides de jeunes au chomage, diplômés et désespérés. Le régime et ses médias aux ordres ont tout fait pour étouffer ces événements qualifiés d' »émeutes, cas isolé, manipulation politique etc… Ils cachent la vérité et accusent l’opposition et les médias étrangers de mensonge et de tentative de déstabilisation de la Tunisie », dénonce A Tunisian Girl qui n’a pas froid aux yeux.

L’exaspération est à son paroxysme et surtout la peur semble être passée dans l’autre camp. Sinon comment expliquer que le président Ben Ali se fende d’une intervention télévisée en direct. Cette innovation ne lui a pas réussi comme le montre la vidéo comique sur Youtube : son irrévérencieux téléphone sonne en pleine allocution. « Tout un symbole ce mystérieux appel. En Feignant d’ignorer les insistantes sonneries, Ben Ali montre enfin en public cette fameuse capacité qui lui a permis pendant 23 ans d’ignorer les voix qui s’opposent à la sienne… », décrypte Z.

Près de vingt jours après, le mouvement de protestation s’amplifie dans la région et dans d’autres villes, avec des lycéens, des avocats alors qu’à Thala, le local du parti du pouvoir a brûlé… Des manifestants qui prennent de gros risques face aux gaz lacrymogènes, aux raids policiers et aux tirs à balles réelles.
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Sur Internet, la critique du régime Ben Ali s’avère également périlleuse. Sur , on peut apprendre à se protéger face au verrouillage du web par la police. C’est que pour survivre dans la Tunisie virtuelle, il vaut mieux se familiariser avec toute une série de techniques informatiques. Heureusement les novices peuvent profiter des conseilsd’activistes chevronnés, par exemple sur le blog Revolution Tunisie.
D’ailleurs A Tunisian Girl rapporte qu’une cyberguerre a été lancée par un groupe de hackers nommé Anonimous en soutien avec les manifestants tunisiens. C’est l’Operation Tunisia, initiée le 2 janvier 2010 contre des sites gouvernementaux tunisiens. Au moins huit sites officiels ont déjà été touchés dont ceux du président, du Premier ministre, des ministères de l’Industrie ou des Affaires étrangères.

« L’Europe ne doit plus soutenir Ben Ali », clame enfin Revolution Tunisie dans une note qui démonte les deux mensonges du régime tunisien à savoir celui d’un « régime prédémocratique » et celui d’un « miracle économique ». Un vœu pieux pour 2011 ! Pas sûr du tout qu’il soit exaucé par l’Elysée.

Philippe R

source

 

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2 réflexions au sujet de « « Operation Tunisia » pour en finir avec Ben Ali »

  1. Le problème avec ce qui se passe en ce moment en Tunisie c’est l’absence d’une meilleure alternative claire nette et bien définie au gestionnaire actuel de l’état. Ce qui aggrave le problème c’est que cette alternative fatale ne cesse de se durcir …

    Cette absence d’issues est purement factice et créée de toutes pièces par l’histoire qui a façonné le faciès politique tunisien et où en général seules les compétences bien-colorées ont le droit d’exister.
    De part cette constatation, je suis sûr qu’il doit exister en Tunisie au moins autant de « bons » gouvernements tunisiens possibles que de lettres dans l’alphabet (de quoi faire rêver le patron d’un grand club de foot:).
    Le seul problème c’est que ces gens là demeurent inconnus (parfois même ignorés) par le peuple: ils peuvent vivre à l’étranger ou marginalisés en Tunisie … ils peuvent même faire partie du système gouvernemental actuel, à contre-coeur pour survivre ou espérant encore changer les choses de l’intérieur …

    Tous ces gens là sont absents parce que l’état tunisien les a bannis ou éclipsés ou tout simplement parce qu’ils s’auto-inhibent tous seuls …
    Qui d’autres pourrait être candidat en l’absence des « politiciens people » ?

    La police ? Est-ce possible qu’un système tel que la police tunisienne puisse dire non à son employeur ?
    La question est bien fondée dans un contexte où les gens qui surveillent sont largement supérieur
    en nombre aux gens qui bossent (une hyperbole assez proche de la réalité tunisienne en fait:)
    Avec un ami nous en discutions cet après-midi.
    Il pensait que la police n’agirait jamais dans le dos des militaires, qui ont beaucoup plus de moyens.
    Les militaires alors ? Si celà demeure possible malgré le « grand nettoyage » que le président (sortant ?) a fait dans le milieu, les conséquences peuvent être multiples: à quoi ça sert d’avoir une démocratie si ce sont des généraux qui commandent les secteurs vitaux du pays ?
    Qui nous garantit en tant que peuple tunisien que tel ou tel général qui a eu le culot de dire non à Ben Ali n’en soit pas un nouveau ? (s’interrogeait mon ami …)
    Pour mon ami une révolution à la roumaine aurait beaucoup plus de garanties, une révolution où le peuple « se gratte le dos tout seul ».

    Je pense que cette absence d’alternatives est aussi un problème pour l’Europe ou pour les USA: elles les empêchent de prendre position contre Ben Ali.
    Même si (surtout les derniers) voient bien une impasse avec le vieux, ils ne le troqueront jamais contre son propre peuple: ça va tout simplement à l’encontre de tous leurs intérêts (que le président actuel garantit à merveille).

    Un grand absent dans le tableau: les partis de l’opposition. Certains parce qu’ils n’existent même pas dans les têtes de leurs fondateurs: je parle de ces vieux vendus qui ne cessent d’applaudir au parlement, « l’oeuvre » du parti dont ils sont tous par définition supposés êtres les critiques.
    Pour ce qui en est des autres, toujours rien de concret. Même pas un programme électroal (du côté du Parti Démocrate Progessiste PDP par exemple) et toujours pas assez « d’instrumentalisation politique » positive, de présence sur internet et sur les médias parallèles …

    Le mot de la fin sera pour le deuxième grand absent du tableau (assassiné ?) feu la « société civile » tunisienne (vous remarquerez que j’ai abusé des guillemets dans ce billet:).

  2. c’est pas parcequ’il n’a ya pas d’alternative ou de succédeur de ben ALI qu’on dois, nous le peuple accépter ça…et rien faire…
    Je dis là que ce n’est pas une révolte mais seulement de l’expression du refus d’une politique… et ce qui est sure, c’est que la solution commence par cà…

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