Un avion manœuvre sans surfaces mobiles : l’ancètre des soucoupes volantes

Le Demon est le seul avion capable de voler sans aileronsCa n’a l’air de rien, mais c’est une petite révolution : le Demon, un drone construit au Royaume-Uni, a volé le 17 septembre sans recourir aux ailerons et autres surfaces mobiles qui permettent aux avions de manœuvrer depuis 1908*.

Réalisé par BAe Systems et l’Université de Cranfield associée à 9 autres université britanniques, le Demon – petit engin de 90 kg et 2,5 m d’envergure – repose sur un programme appelé Flaviir (Flapless Air Vehicle Integrated Industrial Research : recherche industrielle intégrée sur un véhicule aérien sans ailerons), appuyé par un budget de 7 millions d’euros.

L’idée de base est de diriger l’avion l’aide de jet d’air soufflés capables de modifier l’écoulement de l’air sur la voilure et notamment la « couche limite » (l’interface entre air et revêtement qui détermine le comportement aérodynamique d’une voilure).

A l’arrière de l’aile (le bord dit « de fuite »), plusieurs centaines de petites tuyères alimentées par de l’air comprimé permettent de coller ou décoller la couche limite, jouant ainsi sur la portance, la force qui assure la sustentation de l’avion dans l’air.

La tuyère du réacteur, elle, est dotée d’un dispositif de poussée vectorielle (déviation du jet pour orienter l’avion). Mais, quand les systèmes existants manipulent le jet à l’aide de surfaces mobiles, le Demon ne fait, là encore, appel qu’à des jets de gaz sous pression. Pourquoi se donner tout ce mal, quand les ailerons donnent toute satisfaction ? Parce que les surfaces mobiles, avec leur appareillage de commande, vérins, etc. pèsent lourds, sont bruyantes et exigent un grand nombre de pièces, ce qui les rend plus difficiles à maintenir.

Un engin enfin dépourvu de surfaces mobiles serait à la fois plus furtif, plus endurant, plus économe et moins coûteux à l’usage. Autant d’avantages qui dont tout l’intérêt du Demon et du programme Flaviir.

*L’inventeur et constructeur américain Glenn Curtiss est souvent crédité de l’invention de l’aileron mobile, mais l’affaire est disputée.  Avant cette invention, la méthode pour manoeuvrer consistait à « gauchir » (tordre) les surfaces portantes.

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