Google fait rouler une voiture sans conducteur

Une voiture sans pilote testée lors du DARPA Urban Challenge en 2007 (photo DR)
Une voiture sans pilote testée lors du DARPA Urban Challenge en 2007 (photo DR)

Le groupe américain a annoncé ce week-end qu’il était en train de tester une voiture qui se conduit toute seule. Le but affiché est de rendre la conduite plus sûre et plus économique.

Une voiture équipée de caméras mais sans conducteur, il va falloir s’y habituer. Le géant américain Google a annoncé sur son blog officiel que sa voiture qui se conduit toute seule a déjà parcouru la Californie de long en large et accumulé plus de 200.000 kilomètres. «Elles ont descendu Lombard Street (fameuse pour sa pente et ses virages) à San Francisco, traversé le pont du Golden Gate, parcouru la route le long de la côte du Pacifique, et même sont allées jusqu’au Lac Tahoe», a expliqué Sebastian Thrun, ingénieur chez Google.

D’après un article du New-York Times, les véhicules utilisés par l’entreprise sont des Toyota Prius et une Audi TT équipées de caméras vidéo, de radars et d’un scanner sur le toit qui photographie l’environnement et le transforme en une carte en trois dimensions qui permet à la voiture de s’orienter. Ce système encore expérimental «est rendu possible par les centres de données de Google, qui peuvent analyser les énormes quantités d’informations réunies par les voitures», a expliqué Sebastian Thrun.

Pendant ces tests, la voiture ne sont pas en complète autonomie puisqu’un conducteur reste toujours assis derrière le volant pour pouvoir reprendre le contrôle si nécessaire. Par ailleurs, le véhicule est précédé par une voiture normale lui ouvrant la route en collectant les données lui permettant de s’orienter.

Les expériences se multiplient

Depuis 1968 et le début des aventures de Choupette, la voiture de course de la saga La Coccinelle qui conduit toute seule, la réalité rattrape peu à peu la fiction. De nombreux essais ont été réalisés, notamment dans le cadre de concours. C’est d’ailleurs dans le cadre du challenge organisé par le DARPA, agence américaine en charge des projets en recherche avancée pour la Défense, que Sebastian Thrun, l’ingénieur de Google, avait testé pour la première fois sa voiture autonome.

En 2008, lors du CES, le salon mondial des technologies à Las Vegas, General Motors dévoilait un prototype de voiture intelligente capable de se déplacer ou de réaliser le créneau parfait, tout en détectant les autres véhicules pour éviter les accidents. «Ce n’est pas de la science-fiction», avait affirmé à cette occasion Larry Burns, vice-président de la Recherche et Développement du groupe , soulignant que la plupart des technologies nécessaires à ces voitures sans pilote existaient déjà.

Chez Volkswagen, la Passat CC est déjà équipée dispositif pour «détecter les situations de danger» et d’une aide au parking qui réalise elle-même les manoeuvre de braquage.

Sécurité et régulation du trafic

Pour Google, l’élaboration d’une voiture sans pilote s’inscrit dans l’esprit qui a présidé à la fondation du groupe en 1998 par Larry Page et Sergey Brin: «Ils voulaient aider à résoudre de grands problèmes par la technologie. Et l’un des grands problèmes auxquels nous travaillons aujourd’hui, c’est la sûreté et l’économie des voitures. Notre but est d’aider à éviter des accidents de la circulation, libérer du temps, et réduire les émissions de carbone en changeant fondamentalement l’usage de la voiture».

Les applications mise en avant dans le développement de voitures autonomes concernent avant tout la sécurité. Le but est de permettre à la voiture d’agir seule dans des situations critiques et de pallier l’inattention du conducteur. Ainsi, la Volvo S60 dispose-t-elle d’un système de freinage automatique qui permet de détecter les passants. «Notre technologie innovante est programmée pour retracer la configuration même de mouvement du piéton et calculer également si il (ou elle) risque de couper la trajectoire du véhicule. Le système sait détecter des piétons à partir d’une taille de 80 cm, c’est-à-dire aussi des enfants », explique dans un communiqué Thomas Broberg, expert en sécurité chez Volvo Cars.

Plus innovant encore, le concept de voitures autonomes pourrait aussi être utilisée dans la régulation du trafic. Google évoque d’ailleurs les «trains de la route», idée encore vague qui, d’après le communiqué du groupe, devrait permettre de «transformer le covoiturage et réduire l’utilisation des voitures». En Europe, un concept approchant est déjà développé depuis 2009 via le projet SARTRE (Safe Road Trains for the Environment) financé par la Commission Européenne. Le but est de mettre en place, d’ici à dix ans, desconvois de véhicules automatisés. Les personnes qui empruntent les routes les plus fréquentées entreront dans ces convois menés par une voiture de tête. Dès lors, elles passeront en pilotage automatique et leurs propriétaires pourront s’occuper à autre chose. Quand l’utilisateur arrivera à sa destination, il quittera la file de véhicules automatisés et reprendra le contrôle de sa voiture.

Ce type de convois sera testé à partir de 2011. Il sera donc bientôt possible d’aller travailler en conduisant sa voiture…sans les mains.

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