Un blogueur chinois écrase le parti dans une « élection »

A défaut de pouvoir voter chez eux, les Chinois s’en donnent à cœur joie sur Internet ! Et ça ne laisse pas les autorités indifférentes quand des dignitaires du régime se retrouvent en concurrence pour les votes des internautes avec des dissidents emprisonnés ou des trublions du Web.
Le déclencheur de cette agitation est le magazine américain Time, avec sa désignation annuelle des 100 personnalités « les plus influentes » de l’année 2010.
Dans la liste des 200 personnalités soumises au choix des internautes du monde entier, on trouve une bonne sélection de Chinois, dont le jeune écrivain-blogueur de plus en plus contestataire, Han Han, dont Chinatown vous parlait récemment, le dissident emprisonné Liu Xiaobo, mais aussi des personnalités politiques du Parti communiste chinois comme Bo Xilai ou Wang Qishan.
Le hic, pour Pékin, c’est que Han Han et Liu Xiaobo distancent les membres de l’establishment politique, suscitant une contre-attaque de la part de la presse officielle.
C’est Han Han qui est le premier visé, car le mieux placé dans le classement provisoire de Time : cinquième avec 191 000 votes ce mardi matin, en nette progression ces derniers jours, et certains prédisent qu’il terminera en tête quand le « scrutin » sera clos le 1er mai.
La caricature ci-dessus, provenant du très officiel Shanghai Daily, résume le propos de la presse du Parti, qui tente de tourner Han Han en dérision en titrant « Han Han est loin d’être un héros de notre époque » et qualifie ses admirateurs de « naïfs ».
Il faut dire que le jeune homme, autrefois un dandy écrivant de mauvais livres et adorant les voitures de sport, s’est transformé en blogueur le plus lu en Chine (et dans le monde par conséquent) et de plus en plus critique vis-à-vis du pouvoir, et en particulier sur la censure, le népotisme, la corruption…
Paradoxalement, Liu Xiaobo, un opposant beaucoup plus engagé, emprisonné pour avoir rédigé la « Charte 08 » réclamant la démocratisation de la Chine, est moins attaqué, alors qu’il apparait en seizième position sur la liste de Time, avec 24 000 voix.
Mais il est vrai que Liu Xiaobo est beaucoup moins connu et moins « voyant » que Han Han, et ne risque pas de grimper trop haut.
« Han Han, héros des gens simples »
Xujun Eberlein, une universitaire chinoise qui tient un blog à partir des Etats-Unis, analyse le phénomène :
« Alors que Liu Xiaobo est sans doute le héros des intellectuels, Han Han est le héros des gens simples. Et dire que Han Han est l’une des personnalités les plus influentes n’est pas une exagération. C’est vraiment stupéfiant quand on pense qu’il n’a même pas 27 ans, et n’a même pas son bac. »
Le plus embarrassant pour le pouvoir est le score des officiels. Bo Xilai, une des « stars » du régime après avoir mené une campagne anticorruption spectaculaire dans la mégalopole de Chongqing, n’est que 66 avec à peine 4 000 voix, et Wang Qishan, le vice-Premier ministre chargé de l’économie, un homme-clé du pouvoir, arrive 145e avec 1 500 voix.
Tout ceci n’a guère d’importance, l’élection en ligne de Time étant un gadget destiné à amuser les internautes, dans lequel Lady Gaga écrase Barack Obama en influence planétaire, et la première place est occupée par Kim Yu-na, la patineuse médaillée olympique sud-coréenne, dont, sans doute, les fans se sont plus remués que les autres pour faire grimper son score.
Mais la réaction nerveuse de la presse en dit long sur le sentiment de fragilité du pouvoir chinois, qu’un simple sondage puéril sur internet agite comme une élection bien réelle. On comprend qu’il préfère ne pas organiser d’élections dans la vraie vie.

A défaut de pouvoir voter chez eux, les Chinois s’en donnent à cœur joie sur Internet ! Et ça ne laisse pas les autorités indifférentes quand des dignitaires du régime se retrouvent en concurrence pour les votes des internautes avec des dissidents emprisonnés ou des trublions du Web.
Le déclencheur de cette agitation est le magazine américain Time, avec sa désignation annuelle des 100 personnalités « les plus influentes » de l’année 2010.
Dans la liste des 200 personnalités soumises au choix des internautes du monde entier, on trouve une bonne sélection de Chinois, dont le jeune écrivain-blogueur de plus en plus contestataire, Han Han, dont Chinatown vous parlait récemment, le dissident emprisonné Liu Xiaobo, mais aussi des personnalités politiques du Parti communiste chinois comme Bo Xilai ou Wang Qishan.
Le hic, pour Pékin, c’est que Han Han et Liu Xiaobo distancent les membres de l’establishment politique, suscitant une contre-attaque de la part de la presse officielle.
C’est Han Han qui est le premier visé, car le mieux placé dans le classement provisoire de Time : cinquième avec 191 000 votes ce mardi matin, en nette progression ces derniers jours, et certains prédisent qu’il terminera en tête quand le « scrutin » sera clos le 1er mai.
La caricature ci-dessus, provenant du très officiel Shanghai Daily, résume le propos de la presse du Parti, qui tente de tourner Han Han en dérision en titrant « Han Han est loin d’être un héros de notre époque » et qualifie ses admirateurs de « naïfs ».
Il faut dire que le jeune homme, autrefois un dandy écrivant de mauvais livres et adorant les voitures de sport, s’est transformé en blogueur le plus lu en Chine (et dans le monde par conséquent) et de plus en plus critique vis-à-vis du pouvoir, et en particulier sur la censure, le népotisme, la corruption…
Paradoxalement, Liu Xiaobo, un opposant beaucoup plus engagé, emprisonné pour avoir rédigé la « Charte 08 » réclamant la démocratisation de la Chine, est moins attaqué, alors qu’il apparait en seizième position sur la liste de Time, avec 24 000 voix.
Mais il est vrai que Liu Xiaobo est beaucoup moins connu et moins « voyant » que Han Han, et ne risque pas de grimper trop haut.
« Han Han, héros des gens simples »Xujun Eberlein, une universitaire chinoise qui tient un blog à partir des Etats-Unis, analyse le phénomène :
« Alors que Liu Xiaobo est sans doute le héros des intellectuels, Han Han est le héros des gens simples. Et dire que Han Han est l’une des personnalités les plus influentes n’est pas une exagération. C’est vraiment stupéfiant quand on pense qu’il n’a même pas 27 ans, et n’a même pas son bac. »
Le plus embarrassant pour le pouvoir est le score des officiels. Bo Xilai, une des « stars » du régime après avoir mené une campagne anticorruption spectaculaire dans la mégalopole de Chongqing, n’est que 66 avec à peine 4 000 voix, et Wang Qishan, le vice-Premier ministre chargé de l’économie, un homme-clé du pouvoir, arrive 145e avec 1 500 voix.
Tout ceci n’a guère d’importance, l’élection en ligne de Time étant un gadget destiné à amuser les internautes, dans lequel Lady Gaga écrase Barack Obama en influence planétaire, et la première place est occupée par Kim Yu-na, la patineuse médaillée olympique sud-coréenne, dont, sans doute, les fans se sont plus remués que les autres pour faire grimper son score.
Mais la réaction nerveuse de la presse en dit long sur le sentiment de fragilité du pouvoir chinois, qu’un simple sondage puéril sur internet agite comme une élection bien réelle. On comprend qu’il préfère ne pas organiser d’élections dans la vraie vie.

source : rue89

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