Tunisie : Les mégaprojets de Dubaî en tunisie (Ce qu’il en reste…)

Les nombreux mégaprojets lancés par les Émiratis vont connaître un coup d’arrêt, voire être annulés. Mais les milieux financiers et bancaires se veulent rassurants.

En Tunisie, aucune des filiales de Dubai World n’est engagée. Le pays n’est donc pas censé subir les effets des difficultés financières du conglomérat émirati. C’est ce que soutiennent les milieux concernés dans la capitale tunisienne. Mais on ne peut pas dire pour autant que la Tunisie soit totalement à l’abri. En effet, deux filiales de Dubai Holding – Sama Dubai et Tecom-DIG – y ont de gros intérêts.

En outre, une filiale de Dubai World, Emaar Properties (immobilier), avait en vue un mégaprojet touristique dans le pays. Et comme l’émir de Dubaï, Cheikh Mohamed, contrôle à la fois Dubai Holding et Dubai World, la boucle est bouclée?: les mégaprojets émiratis, y compris ceux lancés par des groupes privés, sont fortement exposés aux effets de la crise.

Les déboires de Tecom-DIG

« La plupart de ces projets dans la région, confie un banquier de la place, devraient être annulés et pas seulement suspendus, comme le disaient jusque-là leurs promoteurs. Dans le cadre des restructurations en cours et pour rembourser leurs dettes, ceux-ci vont devoir sacrifier en premier lieu leurs projets et actifs à l’étranger. » « Suspendus » depuis mars à la suite de difficultés financières, les travaux pour la construction d’une ville nouvelle, baptisée La Porte de la Méditerranée, sur les berges du Lac Sud de Tunis, devraient donc être définitivement abandonnés par Sama Dubai, qui n’a d’ailleurs pratiquement rien dépensé à ce jour, les 900 hectares de terrain ayant été acquis au dinar symbolique le mètre carré et l’État tunisien ayant financé les infrastructures de base. À moins d’un miracle, il sera donc difficile à Sama Dubai de mobiliser les 25 milliards de dollars qu’il estime nécessaires à la réalisation de ce projet en quatorze étapes sur une période de quinze ans.

Pour les mêmes raisons, Tecom-DIG, qui n’a pas été en mesure de mobiliser les fonds pour acquérir les 16 % de participations manquantes lui permettant de contrôler 51 % du capital de Tunisie Télécom, le principal opérateur de télécommunications du pays, aurait informé le gouvernement tunisien qu’il envisageait de céder ses 35 % de parts, acquises pour près de 2,5 milliards de dollars. Emaar affiche toujours, et ce depuis 2006, ses plans pour la construction de Marina al-Qoussour, un mégacomplexe touristique balnéaire à Hergla, près de Sousse, pour un investissement estimé à quelque 2 milliards de dollars, mais aucune concrétisation n’a suivi. Al- Maabar, un groupe privé émirati, a annoncé en 2008 ses plans pour un complexe touristique et immobilier dénommé Bilad al-Ward (« le pays des roses ») entre la plage de Raouad et la ville de l’Ariana, près de Tunis, mais les fonds, estimés à 10 milliards de dollars et dont une partie devait être levée sur les marchés financiers, ne semblent pas avoir été mobilisés.

Le seul mégaprojet venu du Golfe qui semble tenir la route est celui du groupe émirati privé Abou Khater. Les travaux de génie pour la construction de la première tranche d’un complexe immobilier dénommé Tunis Sports City se poursuivent aux abords de la route reliant la capitale à la banlieue huppée de La Marsa. C’est peu par rapport aux attentes suscitées chez les Tunisiens par la ruée des investisseurs du Golfe. Déjà, en 2007, un officiel chargé du dossier estimait le total des investissements « golfiques » attendus à 60 milliards de dollars et le nombre des emplois induits à plusieurs centaines de milliers, suscitant une fièvre du Golfe qui s’est aussi ­traduite par une ruée en sens inverse vers l’eldorado émirati. À tel point qu’une liaison aérienne quotidienne Tunis-Dubaï a été ouverte. La plupart des 12?000 Tunisiens résidant dans l’émirat s’adonnent à des activités commerciales, profitant d’une plaque tournante régionale devenue aussi une place financière de premier choix. D’autres y ont gagné beaucoup d’argent grâce à la bulle immobilière, mais ils ont enregistré de grosses pertes depuis qu’elle s’est dégonflée.

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3 réflexions au sujet de « Tunisie : Les mégaprojets de Dubaî en tunisie (Ce qu’il en reste…) »

  1. Il y a beaucoup de chantier qui sont à l’arrêt un peu partout dans le monde et beaucoup d’investissement reportés pas les entreprises faute de financement.Ce n’est paut-être que partie remise .

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