Tunisie : Combien touchent les cadres ? Sont-ils bien ou sous-payés ?

Sigma vient de réaliser une enquête exploratoire, sur la situation des salaires des cadres en Tunisie. L’enquête a été faite auprès d’un échantillon de 200 entreprises. Elle a notamment permis de comprendre le processus de rémunération, de quantifier les émoluments fixes et variables, mais aussi et surtout de constater les extraordinaires écarts entre les traitements pour des cadres dont les compétences sont pourtant comparables. Ceci rend nécessaire, selon Sigma, l’approche par enquête sectorielle.
Les entreprises qui ont été concernées par cette enquête se sont plaintes de la mobilité importante de leurs cadres, considérés, de plus, comme étant « surévalués » et taxent les autres entreprises de pratiquer une surenchère non « loyale ».
D’un autre côté, une majorité des cadres interrogés par Sigma se sont plaints du manque de transparence sur les orientations stratégiques de leurs entreprises. La conjoncture difficile actuelle aidant, ils déclarent en majorité être en attente de nouvelles opportunités professionnelles dans d’autres entreprises.

Sur le plan quantitatif, l’enquête fait état d’une part fixe et d’une part variable.  La part fixe est constituée d’un salaire de base avec une prime de rendement, une prime de bilan et un 13ème mois dans la plus part des cas. A cela s’ajoutent des indemnités de fonction telles que les indemnités kilométriques qui s’élèvent à une moyenne de 200 DT pour les Directeurs et près de 80 DT pour les Chefs de Services et des bons d’essences allant de 6 à 12 bons pour les postes de Direction. Les avantages bruts en dehors des grilles selon le niveau de responsabilité des cadres sont estimés en moyenne à près de 600 DT. La part variable du salaire est basée sur deux critères : Performance individuelle, très rare dans l’enquête SIGMA car difficile à mettre en place et Performance collective, beaucoup plus répandue. Cette part variable est discrétionnaire et son enveloppe atteint une moyenne d’un salaire brut mensuel. Toujours au niveau de la part variable du salaire des cadres, il est à noter la politique très courante du commissionnement au niveau des commerciaux, responsables de points de vente, ….
Des écarts très élevés et des disparités.
Les résultats agrégés des différentes enquêtes indiquent qu’entre secteur des services et secteur industriel, un salaire brut mensuel médian dans le privé d’un Directeur Général en Tunisie en 2009 est de 4050 DT avec un écart-type très élevé (allant de 2000 DT à 13 000 DT dans le secteur financier, voire 60 000 DT pour les technologies de pointe), suivi du Directeur de Production ou Technique avec 3250 DT, suivi d’un Directeur Administratif et Financier avec une médiane de 2300 DT, un Directeur Commercial avec 1900 DT, un Directeur informatique 1550 DT, un Directeur des Ressources Humaines avec 1460 DT, un premier Responsable marketing 1370 DT.
Ces résultats ainsi que les détails de l’enquête cachent des disparités et des réalités très différentes d’un secteur à l’autre, d’une entreprise à l’autre selon la taille, la nationalité et la région d’implantation. A titre d’illustration, les cadres de l’industrie pharmaceutique sont rémunérés 3 fois plus que leurs homologues dans d’autres industries. La valeur ajoutée de la branche s’avère un critère extrêmement important pour évaluer le niveau global des rémunérations des cadres.
Vers un baromètre des salaires.
La livraison de cette enquête exploratoire a permis de décrypter le mode de rémunération des cadres en Tunisie. Elle a aussi permis de mettre la lumière sur certains tabous, certaines pratiques et ainsi que le niveau managérial global de la Tunisie dans le secteur privé. Sigma estime qu’ il est urgent de réaliser à la suite de ce travail préliminaire une enquête d’envergure nationale, avec une périodicité biannuelle, couvrant l’ensemble des secteurs public et privé permettant à tout cadre tunisien de se positionner en termes de salaires d’une manière fiable et récurrente. Pour les entreprises, cette enquête lourde à mener tous les 2 ans, constituera un référentiel qui tentera de réduire les disparités entre les traitements des cadres dues en majeure partie à une opacité actuelle inacceptable de par la maturité à laquelle a accédé l’entreprise tunisienne.
Enfin, le salaire, ce n’est pas tout pour un cadre, l’environnement professionnel compte tout autant, le climat social de l’entreprise, l’implication dans les choix stratégiques, la visibilité de carrière sont tout autant d’éléments qui contribuent à la performance individuelle des cadres, à leur productivité et à tirer, telles des locomotives, leurs entreprises vers l’avant. Cet aspect social et économique de la position du cadre au sein de son entreprise mérite l’analyse aussi, tout autant que la question cruciale des salaires, conclut l’auteur de l’enquête.
Il faut noter, notamment, qu’à terme, Sigma Conseil ambitionne par cette étude qui sera refaite, améliorée et restructurée, ambitionne de mettre au point un baromètre des salaires. Un outil qui sera de grande utilité et pour le cadre qui pourra savoir dans quelle fourchette il pourrait se caser avant la discussion du salaire, et à l’entreprise aussi de ne pas, ni surévaluer, ni sous-évaluer les compétences qu’elle compte recruter.

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