Le gène qui fait mourir les hommes avant les femmes

Mais qu’attendent les généticiens pour créer des bébés issus de deux mères ? Ceux-ci vivraient tellement plus longtemps ! En effet, une équipe de biologistes japonais vient de démontrer que le souriceau né de deux mères vit un tiers plus longtemps que le souriceau issu tout bêtement d’un père et d’une mère.

Ce n’est pas une blague, Tomohiro Kono (cela ne s’invente pas) et Manabu Kawahara des universités de Tokyo et Saga sont réellement parvenus à produire des souriceaux dont l’ADN provenait de deux femelles. Leur motivation scientifique a été de comprendre pourquoi, chez la plupart des espèces animales, la femelle vit plus longtemps que le mâle. Pas bête, Kono a imaginé que cette différence de longévité pouvait avoir un fondement génétique lié au sexe. D’où l’idée qu’un animal ayant hérité des ADN de deux femelles devrait vivre plus longtemps.

Faute de volontaires humains sous la main, les deux chercheurs ont donc choisi des souris pour vérifier cette hypothèse. Celles-ci n’y ont vu aucun inconvénient à condition d’avoir leur fromage quotidien. Ils ont commencé par attraper un souriceau femelle âgé d’un jour à qui ils ont emprunté des oeufs non matures pour les transformer en simili-spermatozoïdes qu’ils ont injectés dans les oeufs matures d’autres femelles plus âgées. Ils ont réussi à obtenir des embryons viables, lesquels se sont transformés en charmants souriceaux ne demandant qu’à mordre dans la vie à pleine dent. Ils ont même tellement bien vécu qu’ils ont atteint, en moyenne, 841 jours contre 655 jours pour une population de souris de référence ayant un papa et une maman.

Cette différence a ravi nos deux compères japonais qui y ont vu une confirmation de leur hypothèse d’une origine génétique liée au sexe de la durée de vie. Ils expliquent même que la longévité serait notamment sous la dépendance d’un gène (appelé Rasgrf1) présent sur le chromosome 9. Même s’ils n’en sont pas encore totalement certains. Reste maintenant à comprendre pourquoi l’évolution a sélectionné une plus longue longévité chez les femelles. Ou, plutôt, pourquoi l’évolution a programmé les mâles pour mourir plus jeunes. Il semblerait que les mâles cultivent la force et une grande taille pour conquérir les femelles. Donc, pour eux, vieillir n’a aucun intérêt puisqu’ils deviennent trop faibles pour garder un espoir de gagner leurs combats. Ils peuvent donc… crever.

Chez les hommes, ce serait la même histoire. Désormais, on comprend mieux pourquoi les maisons de retraite sont remplies de veuves.

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