Les Etats-Unis ont laissé Ben Laden s’échapper en 2001

«Une occasion perdue pour toujours.» Outre-Atlantique, la nouvelle pourrait faire grand bruit. Selon un rapport rédigé par des sénateurs démocrates etrendu officiellement public lundi, les Etats-Unis auraient pu tuer ou capturer Oussama Ben Laden en décembre 2001 à Tora Bora, dans l’est de l’Afghanistan, quelques semaines seulement après les attentats du 11 septembre. Mais, toujours d’après ce rapport, l’administration Bush a choisi de ne pas pousser plus loin et permis sa fuite au Pakistan.

Le document, visible sur le site Internet de la commission, affirme que le commandement américain, appliquant la stratégie du secrétaire à la Défense de l’époque Donald Rumsfeld, a refusé de donner les moyens aux troupes pour finaliser la capture du chef d’al-Qaida, alors terré dans les grottes de Tora Bora. Trois mois après les attentats du 11 septembre 2001, moins de 100 commandos américains étaient sur le terrain alors que du renfort était demandé pour traquer le chef d’al-Qaida.

Le texte s’appuie notamment sur des témoignages de responsables militaires sur le terrain selon lesquels des demandes pour obtenir des unités de seulement un millier de Marines, pour bloquer une vallée vers le Pakistan ou pour visiter des grottes bombardées, étaient parfois refusées. Donald Rumsfeld disait alors craindre un sentiment anti-américain si les Etats-Unis frappaient trop fort. «Nous avons besoin de soldats américains sur le terrain !», réclamait pourtant Gary Bernsten, un responsable de la CIA en Afghanistan cité dans le document. «On aurait pu en finir là», assure-t-il encore après coup.

 

«Une nouvelle génération d’extrémistes»

 

Le document explique qu’en décembre 2001, l’étau se resserre sur Ben Laden. La CIA sait qu’il est à portée de main dans les montagnes de Tora Bora, accompagné probablement d’un millier d’hommes. Une attaque aérienne exceptionnelle est lancée, avec largage d’une bombe de 7 tonnes jamais utilisée depuis la guerre du Vietnam par un cargo C-130 baptisé «coupeur de pâquerettes», et semble se révéler efficace. Des messages radios interceptés attestent que Ben Laden se dit prêt à mourir. Mais cette offensive n’est pas suivie massivement, et le numéro un d’al-Qaida parvient finalement à gagner la frontière du Pakistan quelques jours plus tard.

«Notre échec à conclure l’affaire représente une occasion perdue pour toujours qui a altéré le cours du conflit en Afghanistan et le terrorisme international, laissant le peuple américain plus vulnérable au terrorisme», tranche le rapport, dirigé par John Kerry, ancien candidat démocrate à la présidence en 2004. Huit ans plus tard, «al-Qaida s’est reconstitué et Ben Laden a survécu pour inspirer une nouvelle génération d’extrémistes capables de frapper à partir de nombreux endroits», conclut John Kerry, alors que Barack Obama doit annoncer mardi sa décision sur l’envoi de renforts en Afghanistan.

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