Gilad Shalit, un juif équivalent à 1000 arabes

Un millier de prisonniers palestiniens seraient élargis par Israël en échange du soldat franco-israélien.

Benyamin Nétanyahou a eu beau répéter, mardi, que rien n’était fait, qu’il n’y avait «pas d’accord pour l’instant, et qu’il pourrait ne pas y en avoir», les médias israéliens ne parlent que de l’éventualité d’un accord prochain sur la libération de Gilad Shalit. Malgré le silence presque total des autorités israéliennes sur le sujet, les médias arabes et notamment égyptiens sont beaucoup plus prolixes. Selon eux, un accord d’échange de prisonniers – un millier de Palestiniens contre le soldat israélien – serait sur le point d’être conclu.

Parmi les éléments tangibles en faveur de cette hypothèse figure l’arrivée, lundi au Caire, d’une délégation du Hamas en provenance de Gaza. Cette délégation se serait entretenue avec le médiateur, un membre des services secrets allemands au centre des négociations depuis plusieurs mois. Elle s’est envolée mardi pour Damas, où se trouve Khaled Meshaal, chef du bureau politique du mouvement islamiste palestinien. Autre fait important, cette délégation était emmenée par Mahmoud al-Zahar, considéré comme l’un des chefs les plus influents du Hamas à Gaza.

Selon la chaîne de télévision al-Jezira, les négociations seraient sur le point d’aboutir et le principe de l’échange acquis. Les discussions achopperaient encore sur les noms de quatre ou cinq prisonniers palestiniens réclamés par le Hamas, mais qu’Israël refuse de libérer. Trois de ces hommes seraient des membres du Hamas : Ibrahim Ahmed, ancien chef des Brigades Ezzedine al-Qassam en Cisjordanie entre 2001 et 2003, responsable, selon Israël, de la mort de 76 personnes, Abdullah Barghouti, spécialiste de la fabrication de bombes utilisées dans de nombreux attentats, et Abbas Sayed, chef du Hamas à Tulkarem, responsable de l’attentat de Netanya en 2002, où 30 personnes avaient été tuées.

Les deux autres seraient Ahmad Saadat, membre du Front populaire de libération de la Palestine et impliqué dans le meurtre du ministre israélien du Tourisme, Rehavam Zeevi, en 2001, et Marwan Bargouthi, charismatique chef des Brigades al-Aqsa, la branche armée du Fatah, condamné à perpétuité et souvent présenté comme un successeur potentiel de Mahmoud Abbas. Le vice-premier ministre israélien, Dan Meridor, a exclu que Barghouti et Saadat fassent partie d’un accord.

Toutes ces rumeurs ont relancé le débat autour des termes mêmes de l’échange. Nétanyahou a rappelé qu’un éventuel accord devrait être voté à la fois par le cabinet, mais aussi par la Knesset. La plupart des ministres de la coalition se sont déjà déclarés en faveur d’une libération massive de prisonniers en échange de Gilad Shalit. Mais quelques figures continuent de s’y opposer. L’ancien chef d’état-major et ministre des Affaires stratégiques, Moshe Yaalon, comme les chefs du Mossad et du Shin Beth, considèrent que le prix politique à payer est exorbitant et ne fera qu’encourager le Hamas à capturer d’autres prisonniers pour renouveler le même chantage.

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