Nucléaire : Téhéran exhibe ses capacités de défense

Alors que les négociations sur le nucléaire iranien sont dans l’impasse, Téhéran dit avoir lancé, dimanche, des manœuvres militaires «d’une ampleur sans précédent» pour exhiber ses capacités de défense en cas de frappe extérieure. «En raison des menaces qui pèsent sur nos sites nucléaires, il est de notre devoir de défendre les installations vitales de la nation», a déclaré, samedi, le général Ahmad Mighani, chef de la défense antiaérienne.

Selon lui, les différentes manœuvres, vont permettre d’utiliser et d’évaluer«des réseaux de missiles nouveaux et modernes, notamment des missiles S 300 perfectionnés, pour lesquels la capacité de production existe en Iran». Les médias iraniens ont également rapporté que ces manœuvres impliquaient à la fois l’armée régulière et le corps d’élite des puissants gardiens de la révolution.

Ce n’est pas la première fois que la République islamique procède à des exercices militaires surmédiatisés. Cette fois-ci, l’annonce faite par Téhéran intervient au lendemain d’une réunion, à Bruxelles, du groupe des Six (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, États-Unis, Allemagne). Ces derniers y ont formulé leur «déception» face au non iranien à l’offre occidentale de retraiter l’uranium faiblement enrichi à l’étranger pour le réexpédier ultérieurement vers la centrale de recherche de Téhéran. La proposition, présentée le mois dernier par l’Agence internationale de l’énergie atomique, visait à réinstaurer la confiance en minimisant les craintes de voir Téhéran détourner son uranium à des fins militaires.

 

L’Iran attend des «garanties»

 

Habitué à souffler le chaud et le froid, l’Iran s’obstine cependant à ne pas claquer complètement la porte des discussions. Dans une nouvelle déclaration faite hier à Vienne, le représentant iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a fait savoir que l’Iran attendait certaines «garanties» pour la livraison du fameux combustible.

Un accord imminent étant, pour l’heure, largement compromis, la question d’une intervention militaire revient sur le devant de la scène. Par le passé, l’Amérique et Israël ont déjà évoqué à mots couverts la possibilité de frappes ponctuelles en cas d’échec de la diplomatie. Selon les experts en la matière, cette option serait dévastatrice pour la stabilité, déjà fragile, du Moyen-Orient. La République islamique dispose d’une importante capacité de nuisance, par activation de «leviers» régionaux. Elle a également menacé, à plusieurs reprises, de riposter à une éventuelle attaque en visant les bases militaires américaines du Golfe. Reste une inconnue : la force réelle de l’arsenal militaire iranien.

Pour protéger ses installations, l’Iran compte, en effet, sur les fameux missiles S 300 que la Russie tarde à lui fournir. Ce mois-ci, un député iranien, Alaeddin Boroujerdi, s’est employé à minimiser l’impact de ce retard, en déclarant que son pays serait capable de fabriquer, lui-même, ce genre de missiles. Mais Téhéran en a-t-il vraiment les moyens ? Les experts en la matière n’ont pas oublié l’épisode des photos d’essais de missiles iraniens, retouchées, en juillet 2008, par l’agence de presse des gardiens de la révolution, pour surévaluer les capacités iraniennes.

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