France-Eire : La main d’Henry devient une affaire d’État

Comment un match de footall se prolonge-t-il sur le terrain diplomatique ? En arrachant sa qualification pour le Mondial 2010 sur un but de William Gallas entaché d’une main de Thierry Henry, l’équipe de France a déclenché une incroyable affaire d’État. Le président français, Nicolas Sarkozy, a refusé, jeudi soir en marge du Conseil européen de Bruxelles, de s’associer à la demande du premier ministre irlandais, Brian Cowen, de faire rejouer le match de barrage France-Eire. «Vous allez encore dénoncer l’hyperprésident», a-t-il plaisanté. «J’ai dit à Brian Cowen combien j’étais désolé pour les Irlandais. Mais ne me demandez pas de me substituer à l’arbitre, aux instances du football français, aux instances du football européen : laissez-moi à ma place», a poursuivi le chef de l’État.

Plus tôt dans la soirée, le premier ministre français, François Fillon, avait déjà estimé que ce n’était «ni au gouvernement français ni au gouvernement irlandais de s’immiscer dans le fonctionnement de la Fédération internationale». Soutenue par M. Cowen, la Fédération irlandaise (FAI) avait demandé dans l’après-midi à la Fédération internationale (Fifa) que le match de la discorde soit rejoué.

La FAI avait par ailleurs sollicité l’appui de son homologue française, en lui intimant de «se regarder en face», afin de faire aboutir sa démarche. La FFF n’a effectué aucun commentaire. De son côté, la Fifa a indiqué avoir reçu la supplique irlandaise sans pour autant préciser la date d’un éventuel examen. Malgré la pression des autorités irlandaises, il paraît impossible que la requête aboutisse.

En 2005, le résultat d’une rencontre entre l’Ouzbékistan et Bahreïn avait été toutefois annulé pour «une erreur technique de l’arbitre». Lors de ce match, un Ouzbek avait pénétré dans la surface de réparation au moment de l’exécution d’un penalty par l’un de ses coéquipiers. Au lieu de le faire retirer, l’arbitre avait accordé un coup franc indirect à Bahreïn… Mais, mercredi soir au Stade de France, l’arbitre suédois Martin Hansson a commis seulement une erreur d’appréciation et non d’application du règlement.

La polémique entourant la tricherie assumée de Thierry Henry n’a pas manqué d’enfiévrer la classe politique française. Pour certains élus, la France s’est couverte de honte. «Cette victoire est volée. Raymond Domenech devrait exprimer des regrets publics», a tonné Philippe de Villiers. Jean-Marie Le Pen juge que «légalement la France a gagné, mais sportivement elle a perdu». Trois députés UMP membres du groupe d’amitié France-Irlande ont eux réclamé que ce match «honteux» soit rejoué. François Hollande estime pour sa part qu’il s’agit d’un «incident grave sur le plan de l’éthique sportive» qui ne doit toutefois pas déboucher sur un «débat national». Pour Daniel Cohn-Bendit, «la main de Thierry Henry, c’est le summum de la chance. Le football, c’est comme ça». François Bayrou conclut : «Dans un monde idéal, il faudrait rejouer le match. Mais le monde n’est pas encore idéal.»

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