La Virginie va exécuter le «sniper de Washington»

SNIPER SHOOTINGS MUHAMMAD

John Allen Muhammad avait semé la panique en 2002 dans la capitale fédérale et alentour en tuant au moins dix personnes au hasard.

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La piste meurtrière de John Allen Muhammad mène à un «couloir de la mort» en Virginie. Mardi soir, à 21 heures (3 heures du matin en France), le tueur qui terrorisa l’Amérique en 2002 recevra une injection mortelle sous le regard de plusieurs proches de ses dix victimes, assassinées au hasard dans la région de Washington avec un fusil automatique. Lundi soir, la Cour suprême a rejeté sa demande de sursis à exécution.

Le profil de cet ancien vétéran de la guerre du Golfe converti à l’islam offre quelques étranges similarités avec Nidal Malik Hasan, l’homme accusé d’avoir tué 13 personnes vendredi dernier sur une base du Texas. Mais l’enquête ne fait que commencer sur les motivations du psychiatre militaire de Fort Hood. John Allen Muhammad, lui, avait pris son temps pour abattre chacune de ses victimes avec l’aide de Lee Boyd Malvo, 17 ans à l’époque.

À ce jour, le mystère de meure sur le nombre exact de personnes tuées par les deux complices pendant leur sanglante traversée des États-Unis au cours de l’année 2002. Malvo aurait confessé jusqu’à 27 attaques ayant fait 17 morts dans plus de dix États (plus le district de Columbia), d’ouest en est des États-Unis. La plupart des assassinats n’ont pu être vérifiés faute d’aveux complets et de preuves matérielles, ce qui s’explique en partie par la méthode employée, qui ne laissait guère de traces. Très discret, Muhammad avait aménagé sa voiture pour pouvoir tirer à distance avec un fusil Bushmaster 223 pointé par un trou à l’arrière du véhicule.

Le 3 octobre 2002, la folie meurtrière du duo s’accélère. Ce jour-là, il tue cinq personnes à Washington et dans sa périphérie. James Buchanan est abattu à 7 h 40 alors qu’il tond la pelouse autour d’un supermarché. Une demi-heure plus tard, c’est au tour d’un chauffeur de taxi de tomber sous le tir du sniper, alors qu’il fait le plein d’essence. Une baby-sitter de 34 ans assise à un arrêt d’autobus est tuée dans la foulée, puis une autre femme et, le soir, c’est un retraité de 72 ans qui est abattu alors qu’il marchait tranquillement dans la capitale fédérale.

Le tueur vise sans distinction d’âge ou de couleur de peau. Un vent de panique saisit alors les habitants de Washington, qui courbent l’échine derrière leur voiture en faisant le plein. Les écoles et les universités suppriment les activités sportives en plein air. Les polices recherchent à tort une fourgonnette blanche alors que c’est dans une Chevrolet Caprice bleue que les complices se déplacent. Les tirs s’espacent ensuite de quelques jours. Mais, enivré par sa notoriété, Muhammad et son jeune disciple, avec lequel il a développé une relation filiale, se font moins discrets. Le 7 octobre, ils tirent sur un garçon de 13 ans à la sortie d’une école dans le Maryland. Sur la scène de crime, les policiers découvrent une carte de tarot où le tueur a écrit : «Appelez-moi Dieu.»

Jugé pour une seule affaire

Muhammad et Malvo sont finalement arrêtés le 24 octobre, alors qu’ils dorment sur une aire de repos dans le Maryland. Le procès, un an plus tard, aboutira à la condamnation à mort de Muhammad, cerveau de cette épopée sanglante. Eu égard à son âge, Malvo est condamné quant à lui à la perpétuité dans une prison de Virginie. Parmi les proches des victimes, certains préfèrent tourner la page. Marion Lewis, lui, a décidé de faire le voyage de l’Idaho, au nord-ouest du pays, jusqu’au centre pénitencier de Greensville en Virginie pour assister ce soir à la mise à mort du meurtrier de sa fille Lori. «Je veux le voir pousser son dernier souffle, je veux pouvoir décrire ce moment au reste de ma famille», déclarait-il lundi au Washington Post.

D’autres encore ne comprennent pas pourquoi l’exécution, sept ans après les faits – et techniquement pour un seul assassinat -, a lieu avant que le meurtre de leur proche n’ait été élucidé. Muhammad clame son innocence. Ses avocats, qui viennent de publier une lettre décousue datant de 2008, invoquent des problèmes mentaux et une enfance diffi cile. Le tueur, qui n’a jamais reconnu avoir lui-même appuyé sur la détente, aura la possibilité de s’exprimer une dernière fois ce soir. Devant les familles de ses victimes.

 

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